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Être gérant ET développeur : le piège et la force.

6 ans à la tête d'une PME, 3 ans à coder mes SaaS, zéro équipe tech. Ce que ça coûte, ce que ça rapporte, et les 3 règles qui tiennent le cap.

Je dirige une boîte de 3D depuis 6 ans. Je code mes SaaS depuis 3 ans. Les deux casquettes, en même temps, sans équipe tech interne. Beaucoup de dirigeants me demandent si c'est tenable. Oui. Mais pas n'importe comment.

Voici ce que j'ai appris à mes dépens.

Le piège

Chaque heure que je passe à coder, c'est une heure que je ne passe pas à :

Au début, je ne le voyais pas. Je plongeais dans du code le matin, je levais la tête à 15 h, et je m'apercevais que je n'avais répondu à aucun mail urgent. Pire : j'en prenais du plaisir, parce que coder donne un feedback loop immédiat que la gestion ne donne jamais.

Le danger n'est pas l'inefficacité. C'est la dopamine. Le code est plus gratifiant à court terme que la gestion. Vous finissez par arbitrer inconsciemment en faveur du code. Jusqu'au jour où un vrai problème business explose parce que vous n'étiez pas là.

La force

Mais l'équation a un autre côté. Un dirigeant qui code voit son entreprise autrement :

Cette asymétrie est un avantage concurrentiel structurel. Difficile à copier.

Mes 3 règles

J'ai mis du temps à les formuler. Les voici en clair, testées sur 3 ans.

1. Les créneaux de code sont bloqués le matin tôt, ou le soir.

Jamais pendant les heures ouvrées. De 9 h à 18 h, je suis dirigeant. Point. Si je code en journée, c'est après les urgences business — et ça n'arrive que 1 ou 2 fois par semaine.

2. Un projet code ≠ un projet business.

Je distingue clairement mes SaaS persos (InvestBot, ResellOS, etc.) de ma boîte Halte Nuisibles. Quand je code pour Halte Nuisibles (NaviR Field), c'est un projet business — il a un ROI, une deadline, des parties prenantes. Quand je code sur InvestBot, c'est du R&D personnel — pas d'attente de retour.

Cette séparation évite l'auto-justification : « Je code sur mon SaaS perso mais c'est utile à la boîte ». Non. Ce sont deux mondes.

3. Une mission freelance = un contrat cadré.

Quand j'accepte une mission IA ou développement pour un tiers, je la traite comme n'importe quel engagement externe : devis, planning, suivi hebdo. Pas de code « entre deux » en freelance. Sinon je déborde — et c'est ma boîte qui en paie le prix.

Ce que ça coûte

Je ne vais pas vous mentir : cette vie double a un coût.

Le dernier point est le plus dangereux. Un dirigeant-dev qui ne délègue pas devient le goulot d'étranglement de sa boîte. J'ai dû apprendre à accepter du code moyennement bon écrit par quelqu'un d'autre, plutôt que du code excellent que je n'aurais jamais le temps d'écrire.

En conclusion

Être gérant ET développeur, c'est :

Le bon équilibre se trouve quand le dev sert explicitement la boîte — pas l'inverse.

Autre dirigeant-opérateur ? Je discute volontiers.

Si vous jonglez avec les mêmes casquettes et que vous cherchez un regard extérieur, n'hésitez pas.

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